LPO Morbihan

Sortie d’observation – Etang de BIEUZY-LANVAUX – 13 avril 2014

lundi 21 avril 2014

Dans ce beau cadre de l’étang de Bieuzy-Lanvaux, une vingtaine d’adhérents et de sympathisants de la LPO se sont retrouvés pour la sortie d’observation programmée.

Sous la houlette de Yves THORON, responsable du groupe « Sorties et actions naturalistes », nous sommes tous partis à la découverte.

Bruno TANDEAU de MARSAC nous a laissés un moment pour effectuer le transfert à Languidic d’un « chevalier guignette » en détresse vers l’association « Volée de piafs ».

L’ « Azuré des Nerpruns » fut notre première rencontre.
Ce joli petit papillon bleu clair avec des points noirs avait dû commencer sa vie de papillon depuis peu, après une longue préparation dans sa chrysalide durant tout l’hiver.

Azuré des Nerpruns

Yves demande à l’un d’entre nous, chaussé de bottes, d’aller ramasser un drôle de « bout de bois » posé sur un caillou dans l’étang, à 15 centimètres de profondeur.

Porte bûche avec sa larve

Il s’agit en fait d’ un fourreau abritant une larve sous l’eau, connu des pêcheurs sous le nom de porte-bûche ou porte-bois, dont les carpes et les truites sont friandes.
La larve a construit autour d’elle ce fourreau, véritable tuyau en maçonnerie avec du sable pour se protéger.
Cette larve donnera naissance à un insecte aérien qui s’appelle « Phrygane », de l’ordre des Trichoptères, contrairement aux papillons qui sont des Lépidoptères.
Yves aurait aimé voir des libellules mais elles ne furent pas au rendez-vous.
Il nous a pourtant parlé de la « petite nymphe au corps de feu » et de la « brunette hivernale » avec tellement de ferveur que tout le monde aurait aimé en voir au moins une.

Une coquille d’œuf, trouvée à terre éventrée, a soulevé pas mal d’interrogations : œuf de poule d’eau peut-être…

En lieu et place des libellules, nous avons pu admirer le patinage artistique des « gerris », parfois appelées punaises d’eau, qui évoluaient en glissant sous les branches nouvellement fleuries des bouleaux qui portent leur fleurs mâles et femelles sur la même branche.

Gerris

Yves attire notre attention sur un chant mélodieux et nous demande de trouver à quel oiseau mélomane il appartient.
Certains d’entre nous le savent : c’est un « pinson des arbres », que nous ne tardons pas à repérer dans l’arbre devant nous.
Sa poitrine saumonée montre que c’est un mâle.

Pinson des arbres (mâle)

D’ailleurs, Yves nous apprend que le chant des oiseaux a deux fonctions essentielles :

  • Celle d’assurer un marquage territorial, pouvant d’étendre jusqu’à 1 hectare, en fonction des espèces.,
  • Celle, bien-sûr d’attirer les femelles qui, elles, ne chantent pas, en général…
    Une fois le couple formé, ils préparent le nid pour la descendance.

Ensuite vient la ponte et les œufs sont couvés alternativement par le mâle ou la femelle, durant 2 à 8 semaines en fonction des espèces.
Les oisillons éclos ne constituent pas le terme de la reproduction : il s’agit maintenant de leur transmettre un apprentissage de la vie, qui les mènera définitivement hors du nid et hors du territoire des géniteurs, qui, à leur tour, souvent se sépareront.

Le pinson est parti et nous voilà en admiration devant un « grimpereau des jardins », qui se nourrit en grimpant aux arbres et en fouillant leur écorce pour se nourrir d’araignées et de petits insectes.
Il monte et redescend de chaque arbre à une vitesse impressionnante : on dirait un écureuil qui joue, en plus petit.
Quelques dizaines de mètres plus loin, l’étang reflète quelques pans de ciel bleu derrière des massifs de « carex des rives ».

Carrex des rives

Nous apprenons la vie de la « Cardamine des prés »,

Fleur : cardamine des prés

fleur préférée du papillon « Aurore de la cardamine ».

Aurore de la cardamine - anthocaris cardamines

Fait exceptionnel : une des fleurs recueillies par Yves a reçu la semence d’un de ces papillons, sous la forme de deux minuscules larves œufs qui donneront en 2014 des larves puis des chrysalides et enfin un joli papillon en 2015… si Madame Nature le veut !

Oeufs de papillons (gros plan)

Nous pénétrons maintenant dans un coin de la forêt assez magique : nous n’aurions pas été surpris d’y voir quelques elfes !

Un pouillot véloce « Tchip, Tchip, Tchap… » accompagne notre marche et nous découvrons des orchidées « Orchis mâle (orchis Mascula) » roses pourpre aux feuilles tachetées de sombre, des bleues et délicates jacinthes des bois et des « lamiers jaunes » à la tige carrée.

Orchis mâle - orchis Mascula

Un peu plus loin, Yves nous fait vivre la beauté et la perfection de la nature quand il s’agit de se reproduire.
De nombreux « arums tachetés » ont déroulé leurs feuilles appelées spathes et montrent leur pistil, le spadice, à tous les moucherons qui veulent bien passer par là.
Le spadice dégage une odeur irrésistible pour certains insectes et… ça marche fort.
D’autant plus que les spathes sont tapissées de poils soyeux qui les rendent plus performantes qu’une piste noire dans une station de sport d’hiver…
Arrivée au pied du pistil assurée en deux temps et trois mouvements pour les petits moucherons gourmands !

Tout le monde dans le groupe pense que cette plante est carnivore…
Mais non ! L’histoire est plus jolie.

Le spadice porte à sa base les étamines et les ovaires nécessaires à sa reproduction.
Les moucherons piégés vont s’engluer de ce pollen et, quelques jours plus tard, la spathe fanera et libèrera les moucherons porteurs de pollen vers d’autres arums !

Soyons humbles, nous autres humains… devant tant d’ingéniosité !

Une sitelle dérangée chante « l’alarme » au-dessus de nous et… c’est la consécration de la journée.
Le nez en l’air pour trouver la sitelle, c’est un autre vol qui nous fascine.…

A la cime d’un grand arbre vient de se poser un rapace, de taille conséquente et surtout avec des ailes et des rémiges particulières.
Les deux longues vues sont braquées vers l’arbre et… découverte de ce que nous avons pris au départ pour un « Moyen Duc » et qui est en fait une « chouette hulotte ».

Chouette hulotte

Comme elle est belle, fière sur sa branche !
Elle nous regarde et nous nous relayons aux jumelles pour saisir un petit bout de bonheur dans ses yeux.
Décision est prise de la laisser tranquille et nous entamons la sortie de la forêt.
Le groupe comporte un observateur émérite et tout à coup, on entend « Mais regardez cette boule de plume… » ou quelque chose comme ça.
Nous découvrons, médusés, le bébé de notre hulotte à 10 mètres devant nous, dans un creux de branche, à moitié endormi dans sa boule de plumes et de duvet immaculé.
Moment béni.
Relais devant la longue vue et aux jumelles, pour contempler ce spectacle rare.
nous avons ensuite entamé une jolie marche dans la forêt et contemplé encore et encore d’autres fleurs, le « géranium herbe à Robert », d’un rose délicat avec ses branches rougeâtres, la « silène » ou « compagnon rouge », d’un joli rose et, la « stellaire holostée », blanche immaculée au cœur ensoleillé, dont la tige très cassante, anguleuse et renflée aux extrémités, ressemble quelque peu à un os..

Jacinthes des bois et stellaires

Au détour d’un moment d’écoute des chants d’oiseaux, le coucou est venu nous sonner les cloches.
Cet oiseau est un squatteur : la femelle cherche un nid déjà occupé par des œufs.
Elle y pond le sien et en enlève un de ceux qui s’y trouvaient : mystification parfaite.
A l’éclosion, le bébé coucou évacue les jeunes nés avant lui et les parents « trompés » nourrissent ce petit comme s’il était le leur !
Le coucou n’assume pas la couvaison de ses petits ni ne les nourrit.
Sur la route du retour, nous observons deux mésanges nonettes, avec leur calotte noire, qui vont et viennent d’un arbre à l’autre.

Mésange nonette

Yves nous fait arrêter devant une petite branche d’apparence assez commune… mais selon lui capable de réunir des heures durant un groupe de botanistes et d’entomologistes acharnés.

Elle porte une « lanterne des fées » de 5 millimètres, ayant une vague forme de gland tout blanc.
Il s’agit en fait d’un nid d’araignée, « agroeca brunnea » qui renferme une quarantaine d’œufs minuscules !

Nid d’araignée - agroeca brunnea

Une « grenouille agile » vient sauter à nos pieds et nous pouvons l’observer, et la relâcher dans le fossé.

Notre balade d’observation se termine dans un immense champ abandonné par l’homme, et où la nature a repris ses droits, constituant ainsi un réservoir fabuleux de biodiversité.
Des trous de campagnols et de mulots par centaines…
Des plants de bouleaux tout jeunes et si délicats.
Beaucoup de buissons de genêts en fleur.
Une flore en pleine essor, pour une forêt en devenir.
Un pin sylvestre porte les stigmates de l’habitat typique des « pics noirs » ou autres.
Nous ne verrons pas ces oiseaux mais pourrons observer de près l’ouverture de leurs loges dans l’arbre.
Fin du parcours le long d’une rivière qui serpente au pied des arbres.

La magie jusqu’au bout…

Merci à tous les organisateurs LPO pour ce moment de partage.
Françoise Morel


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