LPO Morbihan

Différencier les oiseaux noirs en Morbihan

vendredi 2 septembre 2016

Nous avons tous déjà vu, au détour d’une route ou d’un chemin, un gros oiseau noir connu pour être un charognard, star des livres de sorcières et célèbre porte-malheur. Mais, malheureusement, cette identification hâtive est probablement une erreur…

En effet, le corbeau fait partie d’une grande famille d’oiseaux appelés les corvidés. Les corvidés, dont le nom latin corvus est directement tiré par onomatopée de leur cri très rauque, appartiennent à la branche des passereaux. Nous vous présentons ici une petite méthodologie pour les reconnaitre et les identifier facilement.

Grand corbeau

Le grand corbeau

Le grand corbeau est l’un des oiseaux les plus célèbres, et pourtant assez méconnu. Souvent confondu avec la corneille noire, ces deux oiseaux restent difficiles à différencier.

Ses caractéristiques physiques :

Le grand corbeau est un grand oiseau. Il peut mesurer jusqu’à 70cm, 120cm ailes déployées et pèse 1kg en moyenne. L’angle entre sa tête et son bec est cassé avec une base forte et un crin sur la mandibule supérieure, il possède également une légère collerette de plumes fines autour du cou. Ce collier en épi lui sert à communiquer notamment pendant les parades, mais est très utile pour le reconnaitre. De plus, ses plumes peuvent être irisées voire bleutées au soleil. En vol, il reste plusieurs minutes à tournoyer tel un rapace, cherchant les courants d’air chaud pour remonter, facilement repérable à ses ailes angulaires et pointues en forme de doigts. Ces indices permettent une reconnaissance rapide en un simple coup d’œil.

Son comportement :

Autre indice, il ne vit qu’assez peu en zones habitées par l’homme, contrairement à ses cousines pies et corneilles. Il aime être à la campagne, en groupes très restreints, dans des zones dégagées où il peut débusquer une charogne, mais n’est pas avare de petits batraciens vivants, voire petits mammifères. Il peut également se nourrir de végétation de temps à autres. Il pousse un cri très rauque ressemblant à un « crââh » souvent isolé. En Morbihan, il est assez rare. Nicheurs sur quelques falaises, il est surtout présent à Belle-Île. Sur le continent, quelques individus de passage peuvent être observés.

A retenir sur le terrain pour une identification rapide :
  • Oiseau noir, très grand.
  • Collerette de plumes autour du cou
  • Plumes irisées sur les flancs
  • Ailes pointues au vol et digitalisées
  • Petit crin sur la base du bec
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Crédit : Jean-Michel Fenerole

Corbeau freux

Le corbeau freux

Le corbeau freux est moins connu, mais est souvent confondu avec la corneille ou le grand corbeau. Quelques petites différences facilement observables permettent une identification plus aisée.

Ses caractéristiques physiques :

Le corbeau freux ressemble à la corneille de par sa taille, plus petit que le grand corbeau, et sa couleur, un noir brillant très lisse. Cependant, la différence se situe sur le bec : un bec très droit et fort, blanchâtre à la base jusqu’à l’œil. Au niveau des pattes, les plumes ne sont pas plaquées mais en épis.

Son comportement :

Le corbeau freux est moins solitaire que le grand corbeau, Il apprécie les endroits dégagés ou les forêts et il peut vivre en très grands groupes de 20.000 individus passant la nuit dans des dortoirs avec tous ses congénères. Ils partent chasser tôt le matin, des semences, jeunes pousses, vers de terre ou petits mammifères. Très rare en Morbihan, il existe cependant quelques couples autour du Golfe et en limite de Loire-Atlantique. Peut-être aperçu l’hiver en compagnie d’autres corvidés.

A retenir sur le terrain pour une identification rapide :
  • Oiseau noir assez grand et volumineux
  • Bec long, pointu et blanchâtre
  • Plumes en bataille au niveau des pattes
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Crédit : René Dumoulin

Corneille noire

La corneille noire

La corneille est un oiseau très répandu, souvent identifiée à tort comme un corbeau. Extrêmement commune en zones habitées, elle s’adapte parfaitement à tous les milieux et aux activités humaines.

Ses caractéristiques physiques :

La corneille est entièrement noire. Elle est plus petite et plus fine que le grand corbeau. Ses plumes sont lisses et brillantes, son bec noir également est plus court que les corbeaux et plus effilé, dans le prolongement de sa tête. En vol, elle reste souvent à une altitude relativement basse, et ses ailes forment un rectangle, le bout de l’aile étant plat, contrairement au bout pointu du corbeau. Il ne faut pas la confondre avec la corneille mantelée, sa cousine de l’est européen et de l’Italie, qui a des plumes blanches sur le corps uniquement, la tête, ailes et queue restent noires.

Son comportement :

Elle habite souvent à la campagne, mais s’adapte très bien aux zones urbaines. Elle fait ses nids dans la cime des arbres, à la manière des pies. Elle communique par un cri rauque et répété, assez désagréable à l’oreille, « crâaah-crâaah-crâaah ». La corneille peut vivre en petits ou grands groupes, peut constituer des dortoirs communs à la manière du corbeau freux. Elle se nourrit de charognes, petits invertébrés, insectes, jeunes pousses et fruits. En Morbihan, elle est extrêmement courante, en ville comme en campagne. Les effectifs sont stables, certaines se rassemblent l’hiver, parfois avec d’autres corvidés.

A retenir sur le terrain pour une identification rapide :
  • Oiseau noir au plumage lisse
  • Tête et bec noir effilés
  • Cri par saccades de trois « crâaaah » répétés
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Crédit : Jean-Loup Ridou

Choucas des tours

Le choucas des tours

Dans la famille des corvidés et faisant partie du méli-mélo des oiseaux noirs, il y a le choucas des tours. Souvent inconnu du grand public et oublié, il est pourtant bien présent dans le paysage français. Mais qui est-il ?

Ses caractéristiques physiques :

Le choucas des tours est le plus petit des corvidés. De prédominance noire comme les corbeaux et corneilles et étant moins connu, il est souvent pris à tort pour l’un de ses cousins. Sa tête est plus ronde, haute et allongée, avec une dominante gris clair sur l’arrière et une casquette noire sur le dessus. Cette caractéristique le rend reconnaissable au sol. De plus, une particularité propre au choucas permettant une identification simple et rapide, cet iris de l’œil gris bleuté très clair et très visible.

Son comportement :

Le choucas aime particulièrement les promontoires, pour dominer de vastes espaces. C’est ainsi qu’il est courant sur des châteaux, clochers d’églises, falaises… Très courant en France, il est observable dans beaucoup de villages. Avec ses ailes plus courtes que ses cousins, il vole assez différemment, avec une fréquence de battements d’ailes plus élevée, et un vol tout-droit rapide. Autre différence avec ses cousins, son cri : plus aigüe, il est répété et ressemble à une sorte de « couac » strident. Il est omnivore et se nourrit aussi bien de fruits, que d’insectes ou de pousses végétales. En Morbihan, il est en expansion. Beaucoup d’individus sont observés dans le nord-ouest, limitrophe du Finistère, en grandes colonies. Présent partout dans le Morbihan, il niche surtout dans des clochers d’église.

A retenir sur le terrain pour une identification rapide :
  • Oiseau noir plutôt petit
  • Arrière de la tête grisâtre
  • Iris de l’œil bleu très clair
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Crédit : Yves Thoron

Crave à bec rouge

Le crave à bec rouge

Le crave à bec rouge est un oiseau plutôt rare en France car menacé, mais il est utile d’en parler ici car il est présent et se reproduit dans le Morbihan. En effet, plusieurs couples ont élu domicile à Belle-Île.

Ses caractéristiques physiques :

Le crave à bec rouge est complètement noir, à reflets bleutés sur les ailes. Sa caractéristique principale qui lui donne ce nom, c’est un bec rouge, long et effilé, légèrement courbé vers le bas. Ses pattes sont également rouges. Le crave n’est pas très grand, 40cm en moyenne, comme le choucas des tours.

Son comportement :

Le crave aime les falaises rocheuses, comme les bords de côtes mais aussi la montagne. Excellent voltigeur, il est possible de l’admirer effectuant de superbes acrobaties. Il vit dans des groupes variables, comme la corneille, allant de quelques individus à plusieurs dizaines. En France, l’espèce est considérée comme vulnérable. Dans le Morbihan, des couples nicheurs sont observés à Belle-Île. A part quelques visites des îles voisines, ils ne sont jamais observés dans le Morbihan « continental ».
A ne pas confondre avec son seul cousin direct, le chocard à bec jaune, montagnard exclusif en France.

A retenir sur le terrain pour une identification rapide :
  • Effectue un vol gracieux très acrobatique
  • Flancs irisés
  • Bec et pattes rouge vif
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Crédit : Yves Thoron

Merci à Yves Thoron pour ses photos et conseils.

Maxime Oillaux

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