LPO Morbihan

Le clan des gros becs (1) : les plus courants

vendredi 14 juillet 2017

Ce nouvel article va concerner non pas une famille précise d’espèces, mais des oiseaux ayant une caractéristique physique commune : leur bec. En effet, nombre d’oiseaux ont pour particularité d’arborer fièrement un bec fort, large et puissant, prêt à briser en morceaux n’importe quelle graine qui passerait par là. Mais tous ces oiseaux sont-ils de la même famille ? Si la majeure partie du clan des gros becs appartiennent à la famille des fringillidés, d’autres oiseaux très courants n’en font pas partie. Petit récapitulatif, et méthode de reconnaissance rapide !

Sommaire de la série :
1. Les gros becs communs (moineau, pinson, chardonneret, verdier)
2. Les fringillidés discrets (bouvreuil, tarin, serin, gros-bec)
3. Les bruants (jaune, zizi, roseaux, proyer)

Moineau domestique

Moineau domestique (passer domesticus)

Le Moineau domestique, avec son « gros bec » noir
Crédit : Pierre-Damien Masson

Qui ne connait pas le moineau ? Oiseau plus que célèbre, à rendre jaloux les accenteurs que l’observateur peu attentif pourrait confondre avec lui. Mais maintenant, plus de méprise…

Moineau domestique mâle : calotte grise et bavette noire bien visibles
Crédit : Yves Thoron
Caractéristiques physiques :

Le moineau domestique est un oiseau d’une quinzaine de centimètres, assez trapu. Le mâle a le dos et les ailes d’un beau marron orné de motifs et traits noirs en période nuptiale,plumage qui se ternit l’hiver. Il revêt une calotte grise sur une tête marron vif, ainsi qu’une bavette noire assez importante sous le bec. Cette bavette dont la taille est variable, joue probablement un rôle social de domination en plus de son rôle évidemment nuptial. Le reste du corps est blanc-gris sur le ventre, la queue est gris foncé. Son bec est évidemment fort, quoiqu’assez allongé, et très noir. La femelle elle est beaucoup plus terne, beige et marron clair. Le trait plus clair partant du dessus de son œil et plongeant jusqu’à sa nuque permet de bien l’identifier. Le Moineau est à ne pas confondre avec l’accenteur mouchet plus foncé et strié (et donc avec un bec plus fin), ainsi qu’avec le moineau friquet, quasi-disparu de Bretagne.

Femelle de Moineau domestique
Crédit : Pierre-Damien Masson
Comportement :

Le Moineau est une espèce très sociale : des ornithologues et éthologues étudient d’ailleurs les interactions entre ces oiseaux, et leur manière de fonctionner en groupe. Il est bagarreur, territorial, hyperactif. Cavernicole comme les mésanges, il fréquente les constructions humaines et les villes d’où son appellation de “domestique”, il va ainsi nicher dans des anfractuosités de murs ou roches : mais il est beaucoup moins exigeant que ces dernières, et va parfois se contenter d’un nid d’hirondelles ou un trou de gouttière, comblé avec de la paille et des herbes sèches. Ces matériaux sont d’ailleurs caractéristiques du nid des moineaux. Son cri est lui aussi propre au Moineau, une sorte de “psruit” bref et claquant. Non-migrateur, il reste chez nous toute l’année. A noter que les deux moineaux cités ici sont donc les deux seuls représentants du groupe des passéridés en Bretagne, contrairement aux trois suivants (fringillidés).

Le dos du Moineau est joliment barré et coloré
Crédit : Pierre-Damien Masson
A retenir sur le terrain pour une identification rapide :
  • Oiseau « marron », calotte grise bordée de marron
  • Gros bec noir, bavette noire
  • Ventre blanc/gris
  • Dos barré et orné de motifs

Pinson des arbres

Pinson des arbres (fringilla coelebs)

Cet oiseau est un chanteur né, qui ne connaît qu’une seule strophe de musique, qu’il répète inlassablement du début du printemps jusqu’à tard dans l’été. Comme son nom latin l’indique, il fait partie lui de la grande famille des fringillidés.

Pinson des arbres mâle (distinguez ici facilement les deux barres alaires blanches)
Crédit : Yves Thoron
Caractéristiques physiques :

Le pinson des arbres a une couleur générale rouge brique, voire rouge-marron l’hiver. Avec sa tête bordée de gris, il est surtout reconnaissable aux deux barres alaires blanches sur ses flancs, très visibles lorsqu’il est posé (ainsi qu’en vol d’ailleurs ). Les ailes elles, sont noires, comme la queue légèrement échancrée. Le croupion est teinté de vert. La femelle est terne, grisâtre, le poitrail clair. Les deux barres alaires sont un indice efficace pour la reconnaître et l’associer à son mari.

Femelle du pinson : la couleur est plus terne, mais les deux barres alaires sont néanmoins reconnaissables
Crédit : Yves Thoron
Comportement :

Le pinson des arbres est extrêmement courant et visible toute l’année. Son chant facilement reconnaissable au printemps, et il fréquente les mangeoires l’hiver. Il n’est pas migrateur chez nous, mais les populations vivant plus au nord redescendent passer l’hiver dans les régions où le climat est plus doux, d’où l’augmentation de nos effectifs l’hiver, avec des individus souvent aperçus en grands groupes. Son régime alimentaire est composé de graines quasiment exclusivement l’hiver, et peut être plutôt attiré par des insectes ou des fleurs l’été, au gré de sa gourmandise. C’est la femelle qui va construire un joli nid ovale en mousse et brindilles, orné de crin pour un confort optimal, crin que les femelles viennent récolter sur le passage des animaux à poils. Le mâle lui, chante inlassablement pour établir et protéger le territoire. (Plus d’infos et écoute du chant : voir article “l’infatigable chanteur”)

Le gros bec du pinson en évidence
Crédit : Yves Thoron
A retenir sur le terrain pour une identification rapide :
  • Poitrail saumon
  • Bords de tête gris
  • Deux barres alaires blanches très visibles
  • Ailes et queue noires

Chardonneret élégant

Chardonneret élégant (carduelis carduelis)

Le chardonneret élégant est très connu, surtout pour sa beauté malheureusement convoitée.

Chardonneret élégant mâle : la barre alaire jaune, le masque rouge et le gros bec rosé sont ici identifiables
Crédit : Yves Thoron
Caractéristiques physiques :

Appelé parfois le clown masqué à cause du masque rouge que possèdent les adultes, le chardonneret est facilement reconnaissable. D’une taille à peine égale au moineau et au pinson, sa couleur générale est un marron-beige assez clair. Les ailes sont noires et bordées par une barre jaune vif. Le poitrail est lui, plus clair. Les adultes, contrairement aux jeunes, portent un masque rouge vif des yeux jusqu’au bec, qui est lui rose pâle, court, fort et pointu, adapté à son régime granivore. Le mâle et la femelle sont identiques.

De profil, son gros bec pointu au milieu de ce masque rouge est mis en évidence
Crédit : Yves Thoron
Comportement :

Le chardonneret est un oiseau discret : il aime se percher en haut des arbres pour jeter quelques strophes de son chant irrégulier. Se déplaçant en couple en période nuptiale, il est possessif et peut se bagarrer avec des rivaux, comme le moineau. L’hiver, il se regroupe avec d’autres congénères, et forme des petits groupes pour chercher à manger. De 5 à 10 individus, ils vont investir un arbre (souvent un aulne) et le dévaliser de ses fruits (pour en extraire les graines) qu’ils vont décortiquer grâce à leur bec pointu. Il apprécie aussi les cardères et chardons (d’où son nom latin de carduelis et français de chardonneret), ainsi que les graines de cosmos, pissenlits, séneçons, etc.

A retenir sur le terrain pour une identification rapide :
  • Masque rouge sur le devant de la tête
  • Poitrail marron-beige
  • Barre alaire jaune
  • Ailes et queue noires

Pour vous aider à identifier son chant, pas toujours si simple à reconnaitre, voici un chardonneret chanteur en vidéo.

Le chant du chardonneret
Crédit : Yves Thoron

Verdier d’Europe

Verdier d’Europe (carduelis chloris)

Oiseau souvent moins connu, il est pourtant très fréquent chez nous. Visiteur des mangeoires, il lui est souvent reproché d’être un peu égoïste.

Le Verdier d’Europe : la couleur générale verte, le barre alaire jaune vif et le bec rosé sont ici bien visibles
Crédit : Yves Thoron
Caractéristiques physiques :

Le verdier porte bien son nom : il est d’une couleur générale verte, surtout sur le ventre. La tête est arborée de gris, coupée par un sourcil jaune clair. Les ailes sont noires et grises. Sur les flancs, comme son cousin chardonneret, il possède une bande jaune vif, épaisse et très visible. Son bec est fort, pointu et rosé.

De profil, le gros bec du Verdier est mis en évidence
Crédit : Yves Thoron
Comportement :

Le verdier vit en forêt, mais pas seulement. Il peut coloniser une haie bocagère, un jardin, un parc de conifères etc. Granivore exclusif, il fréquente, comme le chardonneret, les aulnes et bouleaux mais aussi les ormes. Il est grégaire mais ne forme pas de grands groupes ; l’été, ils sont aperçus en couple. Plus calmes que les chardonnerets, les verdiers se révèlent pourtant être de farouches cambrioleurs : à la mangeoire, ils peuvent se réserver la distribution des denrées jusqu’à se remplir le ventre à ras bord. A l’hiver 2016, un épisode de mortalité exceptionnel a été constaté chez cette espèce ; c’était probablement dû à une maladie qu’ils se sont transmis. La LPO a d’ailleurs mené une enquête pour déterminer les causes de cette hécatombe. Les mangeoires sont peut-être en cause comme véhicule de germes et bactéries, d’où l’importance à la fin de l’hiver, de bien les nettoyer et de les désinfecter régulièrement.

Verdier d’Europe (femelle)
Crédit : Yves Thoron
A retenir sur le terrain pour une identification rapide :
  • Couleur générale verte
  • Gros bec rosé
  • Barre alaire jaune vif

Merci à Yves Thoron pour ses conseils.
Merci aux photographes Yves Thoron et Pierre-Damien Masson.

Maxime Oillaux

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