LPO Morbihan

Le clan des gros-becs 3 : les bruants du Morbihan

mercredi 29 novembre 2017

Suite et fin de la série sur les gros becs avec cet article sur une autre famille que les fringillidés, qu’on appelle “embérizidés”, mais qu’il est possible de simplifier au nom plus courant de “bruants”. Le terme “embérizidés” vient de l’allemand embritz qui signifie oiseau. En français, le terme “bruant” est dérivé de “bruyant” dont l’origine remonte au Moyen-âge.

Après ces courtes considérations étymologiques, passons au vif du sujet : qui sont les bruants ? Ce sont de jolis oiseaux colorés, chanteurs, un peu plus grands que les fringillidés, mais ont eux aussi un gros bec. En Morbihan, nous avons trois espèces courantes, et deux plus erratiques. Les bruants jaune et zizi, très proches, sont les plus connus. Le bruant des roseaux est lui plus difficile à observer. Quant aux bruants proyer et des neiges, ils font l’objet d’observations rares.

Bruant jaune

Bruant jaune (emberiza citrinella)

Bruant jaune mâle (emberiza citrinella)

Caractéristiques physiques :

Le bruant jaune est un peu plus grand que les fringilles (17cm contre 14 en moyenne), mais possède aussi un gros bec qui est chez lui gris argenté. Comme son nom l’indique il est jaune, mais ne se confond pas avec le serin cini (serinus serinus) ou le tarin des aulnes (spinus spinus) car il est possède les traits caractéristiques des bruants qu’il est nécessaire de bien repérer pour éviter les confusions. Les bruants ont pour point commun leur dos bariolé et nuancé,détail auquel le bruant jaune n échappe pas. Il est très bariolé, même strié pour être précis, de marron foncé sur un fond marron plus clair. Le croupion lui est roux plus clair, plutôt voyant lors de l’observation. La queue est foncée comme le dos, longue et échancrée, joliment barrée de blanc. Sur le ventre, l’oiseau est jaune uni du bas jusqu’à la tête avec deux taches de roux sur les flancs se rejoignant au milieu en plumage nuptial, légèrement strié de marron sur les flancs et le cou en internuptial. La tête est elle jaune mais pas unie, elle est barrée par des traits marrons clairs, au dessus de l’oeil, derrière l’oeil et sous la joue. Le dimorphisme sexuel est assez net tout de même : la femelle est plus terne, la tête est beaucoup moins jaune, la poitrine beaucoup plus striée.

Comportement :

Le bruant jaune n’est pas un oiseau de forêt : il préfère les zones dégagées comme les haies, les buissons ainsi que les landes. Il est plus répandu à la campagne et s’adapte plus difficilement en régions urbaines. Il se nourrit principalement de graines ou de baies ; comme beaucoup d’autres oiseaux, le bruant jaune va aller chercher quelques insectes pour compléter son alimentation et celle des oisillons. Son nid est proche du sol mais jamais directement par terre, dans un buisson ou une haie. Son chant est caractéristique et facilement reconnaissable : c’est un long ti-di-di-di avec une note finale très aiguë puis descendante “ti-diuhu”. Dans notre Morbihan, il est présent partout en bon nombre, ce qui en fait un oiseau courant.

Bruant jaune mâle (emberiza citrinella)

Bruant zizi

Bruant zizi (emberiza cirlus)

Bruant zizi mâle (emberiza cirlus)

Caractéristiques physiques :

Le bruant zizi ressemble au bruant jaune. Même taille, même bec, le dos est également identique, ainsi que la queue. Sur l’avant, le zizi est beaucoup plus vert que le bruant jaune. Il possède une sorte de tablier vert, bordé des deux taches rousses comme son cousin. C’est au niveau de la tête que la différence va être décisive : la tête, typique est une sorte de masque, d’ailleurs, le surnom du bruant zizi est “le bruant masqué”. Cette tête est donc d’un brun-vert foncé. Deux bandes de jaune vif au-dessus et au-dessus de l’oeil, partant du bec jusque derrière la joue. Le bruant zizi a aussi une bavette noire sous le bec.

Bruant zizi mâle (emberiza cirlus)

Comportement :

Le bruant zizi a les mêmes goûts que son cousin jaune. Haies, buissons, lisières de forêts. Il est plus discret mais moins solitaire. En effet, il n’est pas rare de l’apercevoir au milieu d’une bande de fringillidés l’hiver. Le nid est également proche du sol sans être généralement en contact direct avec ce dernier,mais une petite dépression dans un talus peut être utilisée ; il est composé de paille, herbes sèches, mousse ou crin.

Bruant zizi femelle (emberiza cirlus)

Bruant des roseaux

Bruant des roseaux (emberiza schoeniclus)

Bruant des roseaux mâle (emberiza schoeniclus)

Caractéristiques physiques :

Là encore, pour le bruant des roseaux, son appartenance à la famille des bruants est marquée par ce dos tout aussi barré et strié que ses cousins jaune et zizi, ainsi que le gros bec. Mais lui ne porte pas de jaune : en effet, il est davantage contrasté. Le croupion d’abord, mais surtout son ventre, entièrement blanc grisâtre avec quelques stries brunes sur les flancs. De plus, le bruant des roseaux arbore une écharpe blanche, mais pas grisâtre, plutôt blanc pur : elle part du haut du dos, fait le tour du cou et se rejoint au milieu de la poitrine, en laissant une deux tâches qui rejoignent la base du bec. La tête entièrement noire, est prolongée par une bavette sous le bec, continuant en cravate jusqu’aux bords de l’écharpe. L’hiver, les bords blancs se grisent et les couleurs perdent de leur teinte. La femelle, elle, est sans surprise beaucoup plus terne. Outre le dos marron moins contrasté, la tête est également marron clair. Seul points communs avec son mâle : le ventre gris clair, la bavette noire (quoique bien moins marquée) et la trace blanche (moins marquée également) en écharpe remontant jusqu’à la base du bec. Autre caractéristique permettant de la reconnaître : elle a un petit sourcil clair que le mâle n’a pas, qui fait comme un masque avec l’écharpe et qui permet de la classer tout de suite dans les bruants.

Comportement :

Le bruant des roseaux fréquente assez logiquement les roselières, mais aussi les prairies humides. Il est un peu plus visible que ses deux cousins jaune et zizi, et surtout plus bruyant. C’est souvent lui que l’on entend le plus à l’approche d’un marais ou d’une zone humide au printemps, avec son chant caractéristique “dzi-dzi tiduiduit” facilement reconnaissable. Côté nid, seuls les matériaux vont changer par rapports aux autres bruants de par le milieu différent principalement. Toujours très proche du sol, le nid du bruant des roseaux est constitué de feuilles de végétaux aquatiques.

Bruant des roseaux mâle (emberiza schoeniclus)

Les autres

Les autres

Deux autres bruants font l’objet d’observations régulières dans le département sans pour autant pouvoir affirmer une installation de ces espèces dans le Morbihan.

Bruant proyer (emberiza calandra) :

Bruant proyer (emberiza calandra)
Crédit : Yves Dubois
Ses photos : http://duboisyves.free.fr/

Le bruant proyer était un oiseau nicheur et plutôt fréquent sur les bords de côte morbihannais dans les années 80. Depuis malheureusement, il a disparu. L’enquête de 2008 ne recensait plus aucun nicheur dans notre département. Depuis quelques printemps, l’espèce est notée. Un retour est peut-être envisageable, mais il faut rester prudent tant l’installation de l’espèce est menacée et fragile.

Bruant des neiges (plectrophenax nivalis) :

Bruant des neiges (plectrophenax nivalis)

Ce bel oiseau blanc est un hivernant chez nous. Le bruant des neiges descend de quelques latitudes nordiques pour passer des hivers plus doux, notamment en France. La population hivernante est estimée à moins de 1000 couples chez nous, mais il est possible de le voir en Bretagne, notamment sur les îles, soit isolément soit en petites troupes ; il est parfois noté en Morbihan, mais les observations restent rares !

Merci à Yves Thoron pour ses photos et conseils.

Maxime Oillaux

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