LPO Morbihan

Août : entre deux baignades

lundi 11 août 2014

Plein été sur une plage avec une zone rocheuse à proximité : la marée s’y balance, avec son rythme inexorable de deux marées hautes et deux marées basses par journée complète de 24 h.
La mer recouvre et découvre ainsi une zone littorale (appelée estran), zone qui abrite toute une petite faune méconnue, comprenant crustacés, mollusques, vers, etc…
Et tout ce petit monde va subir l’assaut des vagues, à marée montante, et surtout l’assaut du soleil, pendant plusieurs heures à marée basse, et chacun va devoir trouver les moyens de faire face à la situation pour ne pas dépérir, car le danger est réel. Par exemple cette colonie de moules en bas de l’estran : colonie de moules en bas de l'estran
Il faut savoir en effet que toutes ces bestioles, comme la plupart des animaux aquatiques (poissons notamment) respirent au moyen de branchies, organes richement vascularisés qui permettent de récupérer l’oxygène de l’eau, lequel sera ensuite distribué aux organes. Mais contrairement à nos poumons, ces branchies ne fonctionnent plus hors de l’eau, ce qui explique la mort rapide du poisson qui est sorti de son milieu.

poisson -blennie- dans une flaque en cours d’assèchement

Alors, comment faire à marée basse sur une côte rocheuse, avec ce soleil brûlant qui vous évapore la moindre goutte d’eau qui traîne ?
Première stratégie : vivre au contact d’un milieu qui reste humide ; par exemple dans une flaque d’eau, sous une pierre, parmi les algues, etc… Voici quelques exemples :

littorines - monodontes - parmi les algues


une actinie verte - anemonia viridis- dans une flaque d’eau permanente, les tentacules deployées permettent la capture des proies


bernard-l’hermite - ou pagure- regagnant sa flaque d’eau

Mais beaucoup d’autres espèces vivent fixées sur les rochers, avec peu ou pas de possibilités de se déplacer : chacun va donc devoir supporter les quelques heures de marée basse, en s’adaptant à sa façon, sachant que l’impératif absolu est de conserver un minimum d’eau sur ses branchies, pour sa respiration aquatique.
Voici quelques exemples :

les moules et les huîtres referment leur coquille hermetiquement grâce à un muscle puissant entre les 2 coquilles


les berniques ou patelles se plaquent sur la roche grâce à un muscle puissant qui fait ventouse


les minuscules balanes sont en fait de petits crustaces dont la carapace est fermée par de petites plaques qui s’appliquent parfaitement contre la coquille fixée à la roche


les bigorneaux et autres littorines disposent d’un opercule, plaque sombre qui épouse parfaitement la forme de la coquille


cette masse gelatineuse est en fait une autre anémone -actinia equina- qui replie ses tentacules et qui parvient à conserver assez d’eau le temps d’une marée basse

Il ne faut donc pas appuyer sur cette anémone pour la faire « gicler » de l’eau, ce qui risquerait de la mettre en grand danger dans les heures qui suivent.
Ce dernier exemple montre bien la fragilité de la vie à marée basse dans cette zone littorale, il ne faut surtout pas modifier quoi que ce soit concernant les conditions de vie (retournement des pierres , arrachage des algues, déplacement des espèces, etc…), sous peine de mettre en grand danger des animaux qui ont su s’adapter dans un milieu aussi hostile.

Yves Thoron


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