LPO Morbihan

Avril : l’aurore et la cardamine

dimanche 21 avril 2013

Dès les premiers rayons de soleil de l’année, on peut apercevoir quelques papillons ici ou là, surtout à l’approche du printemps bien sûr, mais il s’agit en général d’espèces ayant hiverné à l’état adulte, comme le citron, paon du jour, vulcain, etc…
Un des premiers à vraiment « éclore » au sens propre du terme est l’aurore : les mâles de l’espèce se reconnaissent aisément à leur belle tache orangée sur le bout des ailes (face interne), parure qui ne possèdent pas les femelles, mais le deux sexes ont en commun d’avoir des sortes de marbrures vertes sur la face inférieure des ailes, lesquelles sont blanc- jaunâtre, avec des rayures, ce qui les rattache à la famille des piérides (comme les papillons qui pondent sur les choux par exemple). En fait, ce n’est pas un œuf qui éclot au printemps, mais comme chez tous les papillons, les adultes passent par plusieurs états : œuf, puis chenille, et enfin chrysalide, et c’est sous cette dernière forme que l’espèce passe l’hiver, totalement inaperçue dans la végétation.


En latin, ce papillon se nomme anthocharis cardamines, et ce n’est pas du tout un hasard, car après l’accouplement, la femelle va se mettre en recherche de plantes bien ciblées dans la famille des crucifères, et notamment une plante abondante dans les prairies humides : la cardamine des prés, plante qui fleurit précisément en ce mois d’avril : comme le hasard fait bien les choses ! Les œufs éclosent dans un délai assez bref et les chenilles se mettent à bouloter les siliques (ou fruits allongés) de la cardamine, lesquelles sont (encore un hasard ?) de la même couleur qu’elles !

Enfin, un peu plus tard (juin-juillet), la chenille se transforme en chrysalide qui attendra… le printemps suivant pour donner la génération suivante ; en effet, contrairement à plusieurs autres espèces, l’aurore ne présente qu’une génération par an ; raison de plus, pour ne pas rater son observation : il n’y aura pas de séance de rattrapage pour cette année !
Vous avez compris que l’espèce dépend étroitement de la conservation des prairies humides, lesquelles ont tendance à disparaître progressivement ; et si non n’y prend garde, on pourrait assister un jour à ce qu’un célèbre entomologiste a appelé « le crépuscule des aurores » !

Yves THORON


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