LPO Morbihan

Avril - mai : les fleurs du sous-bois au printemps

lundi 27 avril 2015

A partir de mi-mars, des signes tangibles que la nature est en train de sortir de sa torpeur hivernale, apparaissent ça et là dans plusieurs milieux, notamment en zones boisées, lisières, etc…Quelques oiseaux commencent leur concert printanier et quelques insectes se mettent en recherche de fleurs à butiner.

bourdon des pierres ( bombus lapidarius ) sur pissenlit en avril

Mais s’il est vrai que les floraisons de très nombreuses plantes se poursuivent jusqu’en été dans les milieux bien éclairés, ce n’est pas la même chose pour les bois et les forêts, même si c’est à relativiser par endroits, en fonction de l’humidité, de l’exposition, etc…
En effet, le problème de la lumière va se poser dans les zones arborées, car tous les arbres à feuilles caduques (chênes, hêtres, châtaigniers, etc…) vont peu à peu retrouver leur feuillage, notamment à partir de mi-avril, ce qui fait que les plantes à fleurs des sous-bois doivent pratiquement avoir achevé leur cycle de développement avant que cette lumière ne disparaisse en grande partie sous les nouveaux feuillages.

tapis de narcisses jaunes ( parc de Kerguéhennec en Bignan )

Chronologiquement parlant, c’est souvent le narcisse jaune (narcissus pseudonarcissus) appelé aussi couramment jonquille, qui donne le coup d’envoi de ces floraisons. Cette liliacée de 20 à 40 cm de hauteur est à l’origine de nombreux cultivars utilisés en jardinerie pour décorer massifs et plates-bandes. Son nom vient du grec narké, ce qui signifie « qui endort » : on disait en effet que son parfum pouvait assoupir, ce qui reste vraiment à démontrer ! Par contre, on sait que son bulbe ovoïde est relativement toxique, provoquant nausées et vomissements en cas d’ingestion, et même parfois dermites par simple contact. La cueillette de cette jolie fleur est d’ailleurs réglementée dans plusieurs départements, notamment dans l’est de la France.

Une autre plante peut être observée à partir de fin mars, en milieu plus humide que la précédente, et qui est souvent tapissante en sous-bois : c’est l’anémone sylvie (anemone nemorosa), encore appelée anémone des bois, ou anémone sylvatique.

station d’anémones des bois en bordure d’un sentier forestier

Son nom viendrait du fait qu’elle oscille au moindre souffle de vent (anemona = vent) ; ce qui est facilement observable en tous cas, c’est que les fleurs se referment par temps humide, ce qui pourrait être une façon de protéger le pollen. Ces fleurs sont blanches et souvent veinées de rose ; cette renonculacée possède un rhizome horizontal, ce qui lui permet de coloniser efficacement le milieu environnant.

les fleurs délicates de l’anémone des bois

La plante se révèle toxique en ingestion, mais la friction de feuilles peut améliorer les états rhumatismaux, et un emplâtre de feuilles pilées peut être utilisé sur les cors aux pieds.
Cette plante peut être confondue avec une autre plante à fleurs blanches que l’on rencontre à peu près dans les mêmes milieux ; il s’agit de l’oxalis petite-oseille (oxalis acetosella), encore appelée surelle ou pain-de-coucou ; les feuilles à 3 folioles ressemblent à celles du trèfle et elles ont aussi tendance (comme les fleurs d’ailleurs) à se refermer par temps humide.

fleurs veinées d’oxalis petite oseille

Les feuilles sont d’un goût acidulé, rappelant celui de l’oseille, ce qui est dû à l’acide oxalique qu’elle contient (lequel est toxique à haute dose). Dans certaines régions, on l’appelle encore alleluia, ce qui est à mettre en rapport avec sa floraison dans la période de Pâques !
Mais la plante qui se remarque le plus dans les sous-bois frais, car très abondante et très voyante avec sa couleur bleu-violacé, est incontestablement la jacinthe sauvage ou jacinthe des bois (hyacinthoides non-scripta).

jacinthe sauvage ou jacinthe des bois (hyacinthoides non-scripta)

Elle fleurit plus tardivement que les précédentes (de mi-avril à mi-mai).C’est une liliacée qui possède un bulbe de la taille d’une noisette, très abondante dans les départements à influence océanique, avec un climat tempéré et humide ; donc nos départements de l’Ouest lui conviennent parfaitement. Son nom viendrait de Hyacinthe, personnage de la mythologie qui fut tué puis transformé en fleur par Appolon, dieu grec des Arts et de la Lumière. On l’appelle encore endymion penché, ce qui se rapporte aussi à une racine grecque : Endumion étant un berger célèbre pour sa beauté.

jacinthe des bois et stellaire holostée

On dit que c’est une des plantes les plus communes et parmi les préférées des Anglais, qui la nomment « bluebell ». Curieusement, le bulbe possède des mucilages (substances visqueuses) qui servaient à empeser les vêtements, ou à fabriquer une sorte de colle ; sinon, ce bulbe est toxique (troubles digestifs), et son enveloppe a des propriétés urticantes. Mais l’homéopathie utilise la plante pour des traitements ORL.
A cette liste, on peut ajouter d’autres plantes d’ombrages qui poussent à la même époque, comme le muguet, le curieux sceau-de-Salomon, la délicate fritillaire pintade (à l’est du département), le lamier jaune, etc…

sceau de salomon (polygonatum multiflorum)


fritillaire pintade (fritilaria meleagris)


lamier jaune (lamium galeobdolon)

Pour terminer, voici une curiosité qui se rencontre plutôt en boisement humide ou en fond de vallée ; elle se présente comme une touffe de fleurs pourpres serrées les unes contre les autres, mais on ne découvre aucune trace de feuilles !

lathrée clandestine (lathrea clandestina)

Et pour cause, car il s’agit d’une plante parasite, qui émet des suçoirs pour rejoindre les racines des arbres tels que saules, peupliers, aulnes : il s’agit de la lathrée clandestine (lathrea clandestina). En déterrant sous les fleurs, on peut découvrir la partie souterraine blanche, très volumineuse, composée de sortes de tiges blanches à écailles charnues. L’essentiel de la plante étant cachée, cela justifierait le nom de clandestine ; il est généralement admis que les arbres parasités ne souffrent pas vraiment des ponctions qui leur sont faites.

Forcément, toutes ces plantes de sous-bois sont essentielles à la vie d’une foule d’insectes qui se « réveillent » de la torpeur hivernale à la même époque, ce qui justifie largement le maintien de ces zones qui, à première vue, pourraient paraître de peu d’intérêt.

bourdon des champs ( bombus pascuorum ) sur jacinthe des bois , début mai

Y THORON

Réponses du quizz sur les canards (article de février-mars) :
1 – canard chipeau mâle
2 – colvert femelle
3 – pilet mâle
4 – souchet femelle
5 – siffleur mâle
6 – chipeau femelle
7 – colvert mâle
8 – pilet femelle
9 – souchet mâle


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