LPO Morbihan

Décembre-Janvier : Bons baisers de Fort-de-France

vendredi 5 janvier 2018
La beauté des paysages antillais par Yves Thoron

Allez, un petit tour par les Antilles pour bien débuter l’année !

Voyage inoubliable, bien entendu, de par le climat, la beauté et la variété des paysages, sans oublier le côté décontracté des Antillais qui conservent toujours le sourire quoiqu’il arrive !

Que ce soit la Martinique ou la Guadeloupe, ou les autres îles avoisinantes, on est en présence de relief volcanique plus ou moins marqué, avec une activité qu’on peut même voir de visu, puisque la Soufrière de la Guadeloupe émet des vapeurs quasi-permanentes ;

Le sommet de la Soufrière surmonté de fumerolles malodorantes

Cratère principal de la Soufrière

L’ascension par la forêt tropicale du sud de l’île est à la portée de tout le monde, à condition de ne pas être incommodé par les vapeurs de soufre ; mais quel réconfort de se baigner au retour de la rando dans un bassin à 40° !

Résurgence d’eau tiède au pied de la Soufrière, les bains jaunes

On n’en dira pas autant de la Montagne Pelée à la Martinique ; ici, pas vraiment de traces visibles d’activité volcanique, à part les roches (de type trachyte) qui constituent les innombrables blocs visibles sur les pentes du volcan, mais personne n’a oublié la terrible éruption du 8 mai 1902, qui détruisit en presque totalité la ville côtière de St Pierre, et qui endommagea gravement beaucoup d’autres villages ou localités du nord de l’île, faisant plus de 30 000 victimes, la plupart asphyxiées par les nuées ardentes qui furent violemment expulsées des entrailles de la terre ce matin-là.

Vue sur la Montagne Pelée : l’ascension s’avère relativement difficile

Les villages côtiers vu du sommet de la Montagne Pelée

Depuis cet épisode dramatique, tout est rentré dans l’ordre , mais ce volcan est un des plus surveillés de la planète, car il est de type explosif, voire cataclysmique. En tout cas, toute la région porte encore des traces de ce traumatisme survenu certes il y a plus de 100 ans… mais chacun sait que c’est bien peu à l’échelle géologique !

Une partie des ruines de Saint-Pierre : ici, le célèbre cachot de Cyparis, un des seuls rescapés de la catastrophe

Une des représentations de l’éruption sur les murs du collège de Saint-Pierre

Côté nature, tout est relativement exubérant au niveau végétation, notamment la parte forestière (on est en climat de type tropical) du Sud de la Guadeloupe. De grands arbres, souvent à grandes feuilles, avec des lianes interminables qui s’y accrochent, et un réseau de racines enchevêtrées et apparentes qui rendent la progression difficile, dans un milieu à première vue hostile, mais contenant une foule de plantes à fleurs aux couleurs vives, et d’espèces animales bruyantes et parfois tout aussi colorées aussi.

Un sentier de randonnée en forêt tropicale Basse-Terre en Guadeloupe

Le balisier rouge (heliconia bihai) une des fleurs de forêt tropicale

Voici quelques oiseaux plus ou moins communs, aperçus dans les villages, parcs arborés, bords de route, etc …

Merle pays ou quiscale merle (quiscalus lugubris) mâle


Femelle quiscale merle


Le merle antillais niche en colonie dans les arbres : le nid est accroché à une branche et est constitué de toutes sortes de matériaux souvent empruntés à l’homme (ficelles notamment)


Le tyran gris (tyrannus dominicensis) est un autre passereau à tendance insectivore qui est bien présent aux alentours des habitations


Le trembleur brun (cinclocerthia ruficauda) est plus forestier : il doit son nom à sa curiseuse habitude de faire trembler ses ailes dès qu’il est posé quelque part


Le moqueur corrosol (margarops fuscatus) est une des grives antillaises : elle se nourrit surtout au sol


Et voici le rouge-gorge du coin, aussi appelé père noir ou sporophile rouge-gorge (loxigilla noctis) peut se montrer encore plus familier que le notre, la preuve


Cette photo insolite montre une femelle de l’oiseau précédent, le sporophile rouge-gorge, qui se voit dans une vitre de voiture


Autre oiseau très coloré et grégaire pour la reproduction : le tisserin gendarme (ploceus cucullatus) ; il construit des nids très élaborés en tissant des écorces qu’il arrache sur les branches d’arbre (ici, un amandier-pays, ou badamier)


La tourterelle à queue carrée (zenaita aurita) un des rares colombidés de ces îles

Forcément, il ne faut pas oublier les tout petits , comme les sucriers , et surtout les oiseaux-mouches (4 espèces sur place), qui font du vol stationnaire devant les fleurs pour en aspirer le nectar. Mais pour la photo, mieux vaut donner priorité à la vitesse d’obturation !

Le colibri madère ou falle rouge (eulampis jugularis) de 6 à 10 grammes

Le colibri huppé (orthoryncus cristatus) un des plus petits oiseaux de la planète (4 à 6 grammes) certains insectes sont carrément plus grands que lui !

Sucrier à ventre jaune (coereba flaveola) autre nectarivore à bec fin et recourbé comme les colibris : il fréquente les abreuvoirs parfois installés près des habitations

Quelques espèces de rivières ou embouchures

Le héron vert (butorides virescens) est une des curiosités des antilles : rencontré ici dans le lit d’une rivière riche en écrevisses

Proche de notre aigrette garzette, l’aigrette neigeuse (egretta thula) s’en distingue notamment par la couleur des pattes

Le héron pique-boeufs (bulbucus ibis) est par contre identique à l’espèce européenne : il se rencontre même sur les champs de canne à sucre ou à proximité des fabriques de rhum

Le grèbe à bec bigarré (podilymbus podiceps) appelé plongeon localement, se rencontre sur de petits plans d’eau intérieurs

Forcément , les oiseaux de mer sont très bien représentés

On compte 8 espèces de sternes sur ces rivages : ici, la sterne royale (sterna maxima) reconnaissable à son bec fort et ses pattes noires


Le pélican brun (pelicanus occidentalis) est omniprésent sur les lieux de pêche


Mais la frégate superbe (fregata magnificens) ou macari reste un des plus élégants parmi les pélagiques

Côté rapaces, le plus courant est ce petit faucon, localement nommé tigligli ; c’est l’équivalent de notre faucon crécerelle.

Faucon crécerelle d’Amérique (falco sparverius)

Bien sûr, la biodiversité antillaise ne s’arrête pas à la faune ornithologique. Côté entomologie, il y a aussi beaucoup d’insectes, souvent bruyants la nuit d’ailleurs ; en journée, on rencontre de superbes papillons colorés, ainsi que quelques libellules, etc…

Le Monarque (danaus plexipus) est une grande espèce (environ 10cm, ailes étalées), rendue célèbre pour ses migrations de masse ; il arrive que certains individus traversent l’Atlantique pour se retrouver sur les côtes bretonnes ou d’Aquitaine


Autre espèce de grande taille, l’agraulis nacré (agraulis vanillae) ainsi nommé à cause des plages nacrées sous les ailes


L’orthemis bicolore (orthemis discolor), une cousine de notre libellule écarlate (crocothemis erythraea)

Plusieurs espèces de reptiles également, notamment ce lézard nommé zandoli en créole ; les iguanes se trouvent plus au sud (Les Saintes par exemple, ainsi que Marie-Galante)

Le zandoli, ou anole de la Martinique (anolis roquet) : on dénombre au moins 6 sous-espèces de ce lézard avec beaucoup de variations pour les couleurs

Les mammifères sauvages ne sont pas si nombreux ; on est tout heureux de rencontrer la discrète mais curieuse mangouste, une espèce introduite qui fait des ravages en consommant des pontes de tortue, en prédatant les nids d’oiseaux, etc… Les équilibres entre espèces sont toujours très fragiles dans ces cas d’insularité.

La mangouste (genre herpestes) est originaire de l’Inde, mais a été introduite aux Antilles pour limiter la population de rats ; en fait, il a fallu recourir ensuite au piégeage pour limiter sa propre prolifération

Il y aurait encore beaucoup à dire sur des milieux aussi originaux que les mangroves, avec leur faune spécifique (crabes notamment).

Martinique : mangrove à la presqu’île de la Caravelle : les arbres visibles sont des paletuviers

Sans oublier toute la faune et flore sous-marine de ces mers chaudes ; on peut en avoir un aperçu avec les propositions touristiques de la réserve Cousteau en Guadeloupe (côté Caraibes près du hameau nommé Bouillante), mais on peut s’interroger sur l’impact touristique sur ce genre de réserve, malgré les actions de protection mises en place…

Un exemple de panneau d’informations concernant la sauvegarde des tortues marines

Bref, les Antilles constituent un sujet d’émerveillement et de dépaysement continuels, à peu près partout… sauf peut-être sur certaines parties de Grande-Terre (Nord de la Guadeloupe), où certaines zones côtières sont constituées de rochers plus escarpés, un peu à la manière de la Bretagne, comme ici à la Pointe des Châteaux, avec vue sur l’île de La Désirade.

Les plages les plus prisées de Guadeloupe sont à Grande-Terre, mais ici, baignade interdite


Autre vue de la pointe des châteaux à Grande-Terre commune de Saint-François

Pour terminer, quelques images de sites incontournables, autres que ceux qui sont déjà cités précédemment dans l’article .

Martinique : jardins de Balata sur la route de la Trace au nord de Fort-de-France


Anses d’Arlet sud-Martinique : à voir tout près de là, le site émouvant de la savane des esclaves (musée des 3 Ilets)


Le village côtier de Grand-Rivière, le plus au nord de la Martinique au pied de la Montagne Pelée


Guadeloupe : les chutes du Carbet dans la forêt tropicale humide (Basse-Terre)


Tout sur la production du café et du chocolat : au domaine de la Grivelière en Guadeloupe, village de Vieux-Habitants côté Caraïbes


L’inévitable excursion sur les Saintes Îles au sud de la Guadeloupe : voir aussi photo de présentation de l’article

Et si certains préfèrent La Réunion, voir le sujet de décembre 2013 !

Réponses du quizz du sujet de novembre (sur les champignons), dans l’ordre des photos :

Anthurus – géastre- polypore – chanterelle – satyre – helvelle – pézize – vesse de loup – clavaire – hydne

Texte et photos - Yves THORON

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