LPO Morbihan

Décembre : une escapade à La Réunion en cadeau de Noël

lundi 16 décembre 2013

Petite entorse à l’habitude de présenter des espèces du Morbihan dans cette rubrique, avec un voyage de rêve sous les Tropiques, à presque 10 000 km de la métropole !
En ce moment, c’est l’été sur l’île, avec une moyenne de 30° tous les jours, et on s’apprête à fêter Noël, alors que certains arbres sont en pleine floraison et que beaucoup de fruits arrivent à maturité notamment les mangues, les letchis, bananes, ananas, etc…
Cette île est entièrement volcanique

l’impressionnant cratère du piton de la Fournaise :
presque 1 km de diamètre, 350m de
profondeur


et d’ailleurs les dernières éruptions du Piton de la Fournaise sont très récentes, puisque l’une d’entre elles (en 2007) a barré la route qui fait le tour de l’île et la coulée est allée jusqu’à l’océan, ce qui se voit très bien dans le paysage, au lieu dit « le Grand Brûlé », mais déjà, des plantes colonisent ce milieu minéral à la fois riche et ingrat.

la coulée du Grand Brûlé,
qui avait barré la route plusieurs mois en 2007,
et qui a agrandi l’île de quelques ha
en se jetant dans l’océan indien


Car en effet, ces terres sont d’une grande fertilité, ce qui se voit partout au niveau de la végétation, souvent luxuriante dans les paysages vierges d’occupation humaine, notamment dans les cirques du centre de l’île qui est classé patrimoine mondial de l’humanité.
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le cirque de Cilaos : les petits plateaux (ou îlets),
sont occupés par les villages desservis par des routes escarpées,
mais dans le cirque de Mafatte, il n’y a pas d’accès routier !
Donc les villages sont ravitaillés par hélicos.


Ce qui frappe le visiteur, c’est la profusion de couleurs, en tout cas à cette époque de l’année, avec les arbres, les fleurs, les fruits, les oiseaux et même les habitations à façade souvent peintes avec des pastels très voyants.

Comme faune, ce n’est pas excessivement riche par contre, notamment en mammifères, insectes, etc... On ne compte qu’une trentaine d’espèces d’oiseaux, dont plusieurs endémiques et quelques espèces rares (pélagiques notamment).
Il n’y a qu’un rapace : le papangue ( ou busard de Maillard). A part le moineau, très commun là-bas aussi, les oiseaux sont en général très voyants, comme le montrent les deux espèces suivantes : le foudi et le tisserin.

  • Le tisserin gendarme (ploceus cucullatus) est une espèce de l’île qui présente une particularité très intéressante au moment de la reproduction, avec la construction de nids groupés et fabriqués de façon tout à fait remarquable : en effet, ils sont construits en entrelaçant des lanières prélevées sur certains végétaux et accrochées aux branches d’arbres ; c’est une sorte de tissage extrêmement abouti et très solide, avec une entrée située vers le bas ; cette œuvre d’art est en fait l’ouvrage du mâle mais après la ponte, il n’aura plus le droit d’y entrer jusqu’à l’éclosion des œufs et se consolera en construisant un autre nid, voire davantage si affinités.

    couple de tisserin gendarme (ou bellier)


    parade nuptiale de tisserins gendarmes

  • Le foudi rouge ou cardinal (foudia madagascariensis) est une espèce endémique de Madagascar, mais il a largement colonisé La Réunion et l’île Maurice ; le mâle se perche souvent bien en vue sur les branches hautes : comme le tisserin, il construit un nid assez élaboré, mais moins dense et de façon non grégaire ; le mâle débute plusieurs nids et c’est la femelle qui choisira l’emplacement définitif.

    foudi rouge ( ou cardinal )


    mâle de cardinal prélevant une lanière pour faire un nid

  • A part ces 2 espèces, il faut ajouter le merle de Maurice ( ou bulbul orphée),

    bulbul orphee - pycnon­otus jocosus

  • La tourterelle pays ( géopélie zébrée )

    geopelie zebree - geop­elia striata


    le martin triste ( espèce introduite et plutôt invasive , le tec-tec ( un petit traquet très familier ), le paille - en - queue ( phaéton à bec jaune ) en zone côtière, et pas mal de pélagiques ( puffins notamment ), etc ..
    Du fait de la situation isolée de l’île, les espèces rencontrées sont souvent à forte valeur patrimoniale et parfois en situation de grande précarité ; certaines sont même sur liste rouge.

Mais une publicité pour une marque de bière du pays fait carrément référence à un oiseau disparu depuis longtemps de cette région de l’Océan Indien : il s’agit du dodo (dronte de Maurice), sorte de gros pigeon (environ 1 m pour 10 kg) incapable de voler et donc de fuir les colons européens qui l’exterminèrent en moins d’un siècle ;

le dodo a disparu de l’île vers le milieu du 17ème siècle


il est aujourd’hui considéré comme l’archétype des espèces disparues à la suite de la pression humaine sur son environnement.
Yves Thoron


Portfolio

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