LPO Morbihan

Février-mars : nos canards d’hiver

dimanche 22 février 2015

Qui n’a pas remarqué ces importantes troupes de canards en plein hiver, que ce soit sur nos lacs, lagunes côtières, ou autres plans d’eau habituels ; une bonne reproduction de l’année précédente ne suffira pas à expliquer cette abondance, d’autant plus que des espèces qui ne nichent pas chez nous s’ajoutent aux autochtones, gonflant encore davantage les populations hivernales.
Pour tous ces canards (ou anatidés), il convient de distinguer 2 groupes : des canards qui ont la faculté de plonger à quelque profondeur (souvent assez faible, si on compare aux grèbes, cormorans, etc…) et d’autres qui ne parviennent pas à s’immerger totalement (appelés canards de surface), même s’ils parviennent à se renverser suffisamment pour chercher de la nourriture à faible profondeur.

Cette rubrique ne présente que des espèces de cette deuxième catégorie ; les autres (fuligules, garrots, etc…) feront l’objet d’un prochain article.
Pour les canards de surface, le premier qui vient à l’esprit est forcément le canard colvert qu’on reconnaît facilement à sa tête et à son cou verts (= col vert) ; les 2 sexes sont très dissemblables, à part une jolie tache bleu-violacé qui barre les ailes (mais pas toujours visible), qu’on appelle le miroir.

couple de canards colverts – anas platyrhyncos

Il y a une bonne population d’individus nicheurs sur tout le département, chaque femelle pouvant pondre jusqu’à 12-15 œufs (8-10 en moyenne), dans un nid placé au sol et garni de duvet ; mais la prédation naturelle est importante et l’espèce est chassée.

ponte de colvert

A ces individus plus ou moins sédentaires, s’ajoutent d’autres colverts en provenance d’Europe du Nord, ce qui peut donner des effectifs spectaculaires par endroits.
Dès la fin de février, ces migrants reprennent peu à peu la direction de leurs sites de reproduction.

L’espèce qui lui ressemble le plus est certainement le canard souchet, puisque le mâle a étalement une tête verte et brillante à la lumière, mais le bec (du mâle et de la femelle) est plus long, plus aplati et plus large à l’avant ; sinon, le mâle a le ventre qui présente des plages blanches et des plages rousses, ce que n’a pas non plus le colvert.

canard souchet – anas clypeata

Ce bec est particulièrement bien adapté à la filtration de l’eau (tous les canards barbotent plus ou moins), grâce à des lamelles placées de chaque côté. Cette filtration permet de recueillir des petites proies (plancton, insectes aquatiques, petits crustacés ou mollusques, etc…) qui sont en suspension dans l’eau.

le canard souchet et son bec filtreur

Contrairement au colvert, le souchet ne se reproduit pas chez nous (à part quelques cas isolés) et il faut passer la Vilaine (Brière) ou la Loire pour trouver plusieurs sites de nidification ; donc, nos individus observés en hiver (marais de Séné, marais du Loch notamment) sont des individus hivernants, en provenance eux aussi d’Europe du Nord.

C’est aussi le cas du canard siffleur, mais cette fois la tête n’est pas verte ; le mâle présente une tête marron-roux, avec une bande jaune caractéristique sur le front ; le bec est gris, avec une pointe noire ;

canard siffleur – anas penelope ( photo Y Dubois )

sinon, le dos est gris pâle, bigarré du plus bel effet ; les femelles sont plus ternes, comme pour tous les anatidés, ce qui est un avantage certain pour passer inaperçu, quand on sait qu’elle assure seule la couvaison des œufs.
Au niveau nourriture, ce canard est nettement plus végétarien que les autres espèces, même si les larves aquatiques ne sont pas négligées dans son régime.
La conservation de l’espèce dépendra beaucoup de la survie des milieux humides, notamment en zones littorales.

Le canard pilet passe pour être parmi les plus élégants de nos anatidés d’hiver, probablement à cause de son cou bicolore, plus long et plus fin que chez les autres espèces ; sa queue effilée (avec un liseré crème), son corps moins massif, autant de détails qui font qu’il semble mieux proportionné que ses compères.

canard pilet – anas acuta

La tête est brun-chocolat, avec un bec fin, ce qui ajoute encore à la beauté du personnage ; la femelle est plus terne, comme pour les espèces précédentes, mais se reconnaît quand même facilement à son port plus altier, la tête étant plus haute au-dessus du niveau de flottaison que chez ses congénères.

couple de canards pilets

C’est aussi un hivernant strict, présent sur toutes les côtes de l’Europe jusqu’au delta du Nil, et qui se reproduit dans les régions nordiques de l’Europe.
Son régime est essentiellement végétarien : feuilles, graines et rhizomes de plantes aquatiques (peut brouter à terre comme les autres canards, notamment le siffleur) et à l’occasion, petits crustacés et mollusques de la vase.

la toilette du canard pilet

Enfin, le canard chipeau peut être observé occasionnellement sur des plans d’eau de l’intérieur (très rarement sur les côtes). Il est un peu plus petit que tous les précédents et, fait remarquable, il y a moins de différences entre le mâle et la femelle.
Le mâle se reconnaît surtout à son bec très sombre et à sa poitrine joliment bigarrée, mais ce qui attire le plus l’attention de l’observateur reste le joli miroir blanc (que possède aussi la femelle) qui barre l’aile (mais pas toujours visible au repos).

canard chipeau ( mâle ) – anas strepera

L’espèce peut nicher en France (environ 1000 couples) dans les grands espaces de zones humides comme la Camargue, la Brenne, etc… mais le phénomène est rarissime dans le Morbihan

femelle de canard chipeau

Sa nutrition est en tout point comparable au canard pilet (donc forte tendance végétarienne).

Il y a d’autres anatidés et ansériformes de surfaces notamment les sarcelles (d’été et d’hiver), les tadornes, les cygnes, etc…, mais ils feront (peut-être ?) l’objet d’une autre rubrique !
Et maintenant, à vous de les reconnaître dans le port folio ! Il vous est demandé de nommer chaque invividu, en précisant le sexe de chacun.
Pour vous aider un peu :
il y a les 2 sexes pour les 5 espèces présentées dans le texte, sauf pour le canard siffleur (il manque la femelle )
Réponses dans le prochain article.

Yves THORON


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