LPO Morbihan

Juin : le miracle de la métamorphose

lundi 9 juin 2014

Tout le monde est admiratif en observant le vol élégant des libellules, petites et grandes, qu’on rencontre en été, notamment le long des rivières ou en bordure des plans d’eau. Mais savez-vous qu’avant d’en arriver là, ce bel individu a dû franchir l’étape sidérante de la métamorphose.

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ponte d’une femelle d’anax empereur

Tout commence par la ponte d’une femelle adulte dans un bras mort de l’étang ou dans les plantes aquatiques de la rivière.

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ponte d’aeschne mixte - aschna mixta

En général, les œufs sont immergés, mais comme il y a toujours des exceptions à tout, certaines espèces pondent dans des tiges ou écorces hors de l’eau.
A l’éclosion des œufs, on obtient donc des larves aquatiques qui sont équipées (au niveau respiratoire notamment) pour passer plusieurs mois, voire plusieurs années dans l’eau, avec un régime (déjà) carnivore qui leur permettra de grandir à la suite de plusieurs mues, histoire de changer de carapace de temps en temps, lorsque le « costume » devient un peu trop serré !

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exuvie (larve vide) d’anax empereur

Puis un beau jour, ou plutôt une belle nuit d’ailleurs car le moment va être périlleux et les prédateurs sont nombreux et malins, cette larve grisâtre et sans aucun attrait (du point de vue esthétique, entendons-nous bien !) se décide à sortir de l’eau et se met à grimper le long d’une plante de la rive ou de la berge : et le miracle commence !
Les photos suivantes concernent une espèce qui émerge parfois en début de matinée, à savoir la libellule quadrimaculée (libellula quadrimaculata).

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9h 10mn

Tout d’abord, la carapace de la larve se fend au niveau du dos, laissant apparaître la tête de la future libellule –

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9h 16mn

Puis, l’individu sort presque entièrement de l’enveloppe larvaire, tout en restant comme suspendu à celle–ci. Va-t-il tomber ?

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9h 55 mn

Non. De longues minutes plus tard, le « nouveau-né » se redresse de 180°, ancre ses pattes sur son ancienne enveloppe, et en dégage le reste de son corps ! Il aura donc fallu trois quarts d’heure d’efforts pour sortir de ce carcan étroit, passant ainsi d’une longue vie aquatique, à une vie aérienne qui sera bien plus courte, sans doute plus dangereuse aussi, mais tellement nécessaire pour perpétuer l’espèce !

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9h 58mn

Mais l’envol n’est pas pour tout de suite, loin s’en faut : il n’est que de voir l’état des ailes dans les minutes qui suivent.

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10h 08mn

Peu à peu, imperceptiblement, elles se déploient pourtant ; et en même temps, la « peau » de la libellule se durcit, ce qui permet à la « demoiselle » de se déplacer un peu, en grimpant le long de sa plante : elle s’éloigne progressivement de son ancienne vie et s’apprête à partir à la conquête d’un monde nouveau !

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10h 34mn

Eh ! pas si vite ! une demi-heure plus tard, on en est toujours là !

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10h 51mn

Mais on progresse : les nervures des ailes sont de plus en plus visibles, signe d’un séchage efficace et d’une plus grande rigidité : cette surface portante sera capitale au moment de l’envol !

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11h 52mn

Cette préparation semble interminable : cela fait 2h que tout a commencé et on commence simplement à bien voir les caractéristiques de l’espèce, notamment les taches sombres à la base des ailes, le thorax jaune, etc …Tiens, on est ici en présence d’un jeune mâle !

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12h 07mn

Nous y voilà enfin ; les ailes se déploient et sont enfin fonctionnelles : pour cet individu, l’une d’entre elles semble un peu froissée : cela ne l’empêchera pas de prendre son envol quelque temps plus tard (en fait, un temps indéterminé car il ventait pas mal le jour de cette prise de vue et je n’ai pu attendre de voir ce qu’il est advenu de cet individu).

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Et voici un individu adulte, quelques heures après l’envol ; on distingue bien quatre taches à mi-ailes (une sur chaque aile, en plus de la marque sombre et allongée au bout des ailes, marque que toutes les libellules de ce type possèdent), d’où le nom latin : libellula quadrimaculata.

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Une vue de face d’un autre individu de la même espèce pour terminer cette incroyable aventure !
Bien d’autres insectes présentent ce type de transformation radicale, soit à partir d’une larve aquatique (moustiques par exemple), mais aussi bien souvent à partir d’une larve terrestre (papillons par exemple), mais dans ces cas-là, il y a une étape de plus avant d’obtenir un adulte : c’est la nymphe (sous forme de chrysalide, cocon,etc…).
On voit bien à travers ces exemples que la préservation des milieux de
vie des insectes aquatiques est une action prioritaire ; en outre, ils
ont besoin de disposer d’une végétation rivulaire importante au moment
de la métamorphose : ceci implique une gestion particulière des bords de
rive, en évitant notamment les fauches intempestives des plantes qui
bordent étangs , rivières, etc ...

Yves Thoron

Réponses pour le quizz de mai ( de gauche à droite ) :

  • orchis à fleurs lâches
  • orchis brûlé
  • orchis morio ( ou bouffon )
  • orchis tacheté
  • orchis mâle

Portfolio

cordulegaster boltoni exuvie de cordulegastre jeune libellule fauve - libellula fulva
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