LPO Morbihan

Octobre - novembre : les coccinelles, anges ou démons ?

vendredi 28 octobre 2016

Si on en croit leur appellation populaire de « bêtes à bon Dieu », on pourrait penser que ces jolis petits coléoptères sont d’adorables petits insectes inoffensifs qui ne feraient « pas de mal à une mouche », mais la vérité, c’est qu’elles sont de véritables petits dragons prédateurs d’autres insectes plus petits qu’elles.

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Coccinelles sur des pucerons noirs, sur un chardon

Parmi leurs proies favorites, il faut citer en tout premier lieu les pucerons ou bestioles semblables (acariens et cochenilles notamment) ; en effet, les adultes, mais encore davantage leurs larves, sont capables d’ingurgiter des centaines de pucerons par jour, ce qui en fait de précieux alliés pour les jardiniers, horticulteurs, etc… C’est d’ailleurs un exemple basique utilisé dans tous les manuels ou publications qui parlent de lutte biologique, d’auxiliaires en jardinage, ou conduite plus naturelle des cultures.

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Prédation sur puceron gris en automne

Dans cet ordre d’idée, les larves de syrphes (voir article de juillet 2013) sont moins connues, mais pourtant tout aussi efficaces, car leurs populations sont plus stables que celles des coccinelles.

Quand on parle de coccinelles, il faut savoir qu’il n’y a pas qu’une espèce de coccinelles, mais une petite centaine d’espèces présentes en France et sans doute plus de 3000 dans le monde. Beaucoup présentent un fond rouge avec des points noirs, et leur nombre est une bonne indication pour déterminer l’espèce, mais certaines présentent parfois des variations qui compliquent l’identification.

Voici quelques exemplaires rencontrés dans le département :

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La coccinelle à 7 pts – coccinella septempunctata

C’est de loin l’espèce la plus courante, mais il existe aussi la coccinelle à 11 pts, à 24 pts, etc… ; elles présentent toutes un fond rouge et des points noirs ; en fait, il faut compter les points sur les ailes uniquement, mais pas ceux du thorax ou de la tête. Et ce nombre de points ne varie pas selon l’âge de l’animal !!!

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C’est la même espèce ; les gouttes de rosée paraissent colorées, mais c’est un « effet reflet » des couleurs des ailes.

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Adalia bipunctata - petite espèce à points rouges sur fond noir.

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Une espèce à fond orangé : calvia decemguttata – la coccinelle orange à 10 points blancs.

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Il existe aussi des espèces jaunes, plutôt petites en général ; ici, c’est la coccinelle à damier - propylea quatordecipunctata (ou coccinelle à 14 pts)

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Psyllobora vigintiduopunctata – la coccinelle à 22 pts

Pour passer l’hiver, les coccinelles doivent se trouver des abris qui les protègent du froid ; à l’état sauvage, on peut les trouver sous les pierres, branchages, feuilles mortes, lierre, etc… Mais elles peuvent aussi utiliser nos habitations (hangars, tas de bois, etc…). La construction de refuges à insectes peut sans doute leur venir en aide pendant leur hibernation.

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Modèle d’hôtel à insectes

Quelques belles journées en fin d’hiver leur permettent de trouver suffisamment d’énergie pour se réactiver, mais pas suffisamment pour partir à la recherche de nourriture ; de toute façon, les proies habituelles ne seront présentes que bien plus tard.

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Quelques coccinelles se chauffant au soleil en novembre

Pour la reproduction, il est fréquent d’observer des accouplements sur les plantes ou les fleurs :

Les œufs sont pondus à la face inférieure des végétaux et sont donc peu visibles. A l’éclosion, on obtient des larves très voraces qui vont muer 4 fois avant de se nymphoser, puis de devenir adultes à leur tour :

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Larve de coccinelle asiatique


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Nymphe de coccinelle asiatique

Pour le vol, c’est comme pour tous les chrysomélidés (une famille de coléoptères) : l’insecte doit d’abord soulever ses 2 élytres (les 2 ailes rigides qui portent les couleurs), puis déplier de fines ailes membraneuses situées en dessous et qui vont s’appuyer sur l’air, à la manière des ailes d’un oiseau, d’une libellule, etc…

Les coccinelles semblent être de bonnes voyageuses, capables de faire de grandes distances, et même du survoler les océans, comme en témoignent des observations de grandes quantités d’individus qui arrivent sur les côtes à certains moments.

Comme pour les frelons (voir article du mois de septembre 2014) il existe une espèce asiatique qui tend à devenir invasive :

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Coccinelle asiatique - harmonia axyridis

En fait, cette grosse coccinelle a d’abord été utilisée en lutte biologique, étant donné qu’elle était encore plus dévoreuse de pucerons que les espèces autochtones, mais on s’est aperçu par la suite qu’elle entrait en concurrence avec les espèces locales. Cette espèce (plus grosse que les coccinelles les plus courantes) présente une grande variabilité sur l’ornementation (couleurs et nombre de points) et a tendance à devenir grégaire (regroupement d’individus) à l’approche de l’hiver, n’hésitant pas à rentrer en grand nombre dans certains lieux habités ; pour l’instant, elle semble localisée et peu abondante dans notre département.

Réponses du dernier quizz :

  1. non - épeire fasciée (ou argiope)
  2. non- xysticus sp
  3. oui
  4. non - pysaura mirabilis
  5. non - espèce indéterminée
  6. non - xysticus sp
  7. oui
  8. oui
  9. oui
  10. non - thomisus onustus (et non vatia)
Yves THORON

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