LPO Morbihan

Octobre : Un grand voyageur : le traquet motteux

vendredi 11 octobre 2013

Par une belle journée automnale, lors d’une balade côtière, qui n’a pas remarqué cet oiseau élégant qui vole de rocher en rocher, se perchant parfois sur un piquet d’arrière-dune.
Traquet 2
Mais il s’observe aussi à l’intérieur des terres, se perchant sur une motte (d’où son nom) ou un chemin pierreux ; il vole fréquemment d’un perchoir à un autre, toujours à basse altitude, et c’est là qu’on peut remarquer une de ses principales caractéristiques d’identification, à savoir son croupion blanc ; c’est sans doute ce qui lui a valu son surnom de cul-blanc qu’on retrouve par exemple dans les « souvenirs d’enfance » de Marcel Pagnol.
Le nom latin « oenanthe » est forcément en rapport avec la vigne, mais le lien n’est pas forcément évident : peut-être la couleur lie-de-vin du ventre, ou les reflets couleur prune sur le dos, ou encore les dates de passage migratoire (floraison ou récolte de la vigne).
Traquet 3
L’oiseau que vous observez vient probablement de loin ; en fait, l’espèce est nicheuse dans les grandes zones montagneuses d’Europe, y compris les régions froides de Norvège, Russie, etc… et tout ce petit monde (plusieurs millions de couples) doit regagner les régions sub-sahariennes en hiver ! On rencontre même parfois les individus en provenance d’Amérique du Nord, en route pour la même destination, ce qui fait dire aux spécialistes des migrations que c’est le seul oiseau terrestre capable de faire un trajet de 30 000 km (aller et retour) chaque année ; le temps mis pour parcourir la distance varie entre 35 jours et 3 mois, avec des étapes record de 850 km en une seule journée : quelle endurance !
En effet, comme beaucoup de migrateurs, notre oiseau n’a pas trop le choix, au vu de ses préférences alimentaires : insectes au sol (criquets surtout), petits mollusques, etc…, autant de proies qui disparaissent avec l’arrivée des mauvais jours, mais qui sont abondantes sur cette période dans les régions plus chaudes.
Le nid est en général établi dans des endroits caillouteux le plus souvent en régions montagneuses ou côtières (on ne compte qu’une centaine de couples sur les côtes bretonnes) ; souvent caché sous une pierre ; l’intérieur est très douillet et les 5 à 6 œufs sont couvés par la femelle pendant 2 semaines : les oisillons en sortent 2 semaines plus tard, avant d’être capable de voler, ce qui les rend assez vulnérables ; un mois plus tard, ils sont émancipés et doivent se dépêcher de faire des réserves avant leur premier grand voyage.
Yves Thoron


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