LPO Morbihan

Septembre : LE FRELON ET SES SOSIES

dimanche 14 septembre 2014

JPEG

A coup sûr, le frelon commun (vespa crabro), ainsi que ses cousines, les guêpes et les abeilles, est un insecte qui n’a pas une très bonne réputation chez les humains, étant perçu en général comme potentiellement dangereux : ne disait-on pas dans les campagnes qu’il suffit d’un frelon pour tuer un enfant et de sept frelons pour tuer un cheval !

JPEG - 62.8 ko
Frelon commun ou européen (vespa crabro)

La vérité, c’est que le danger se situe surtout au niveau des personnes allergiques au venin, et que les situations de piqûres sont très peu fréquentes. En effet, tous ces insectes sont des bestioles plutôt paisibles, ne devenant agressives qu’en situation où elles ressentent le danger pour elles-mêmes ou pour leur colonie.

JPEG - 73.5 ko
Guêpe commune (vespula vulgaris)

Il est en effet remarquable que les guêpes et frelons ont un système social élaboré, formant des colonies de plusieurs centaines (parfois des milliers) d’individus, avec partage des tâches et organisation hiérarchisée, dans le but en général d’obtenir de nouveaux individus, et donc de perpétuer l’espèce.

JPEG - 72.7 ko
Nid de frelon européen

A cet effet, les individus construisent un nid plus ou moins volumineux abritant une femelle pondeuse (la reine), des ouvrières (chargées entre autre de nourrir les larves) et des mâles chargés de féconder les nouvelles reines. Il faut savoir que chez les frelons et guêpes notamment, seules ces jeunes reines subsistent en hiver, en se réfugiant dans un abri naturel : creux d’arbre ( parfois loge de pic : voir article d’ avril de la même rubrique), vieille bâtisse, etc… ; il est donc inutile de détruire un nid en hiver, d’autant plus qu’il ne sera pas réutilisé l’année suivante

JPEG - 128 ko
Frelon européen sur une poire dans un composteur

Le frelon commun est une espèce omnivore, consommant surtout des insectes et autres petites bestioles destinées à nourrir les larves après avoir été malaxées ; en automne, il est fréquent de les observer sur des fruits sucrés (poires notamment), donc il faut se méfier de ce genre de situation où une piqûre de défense serait possible.

JPEG - 77.5 ko
Frelon prélevant des morceaux de chair sur une vipère morte de cause inconnue

Le frelon peut aussi se montrer charognard, jouant ainsi un rôle d’éboueur dans les milieux qu’il fréquente

JPEG - 91.1 ko
Nid de guêpe commune dans un cabanon

 La guêpe commune vit à peu près sur le même modèle, avec des nids moins volumineux et parfois enterrés qui ne sont pas réutilisés non plus les années suivantes.

JPEG - 108.4 ko
Nid de guêpe poliste dans la végétation basse

JPEG - 56.9 ko
Guêpe poliste (polistes dominulus)

Il n’est pas rare d’observer de petits nids présentant des cellules hexagonales (quelques dizaines) ouvertes sur l’extérieur, avec quelques individus qui montent la garde, de façon paisible en général : il s’agit du poliste gaulois ; cette guêpe est un peu plus longue que la guêpe commune et on l’observe facilement en été et automne, en recherche de nectar, sur les ombellifères. Elle possède aussi un dard venimeux, mais ne s’en sert qu’en cas de danger, comme pour ses congénères (pour toutes ces espèces, les mâles en sont dépourvus et donc inoffensifs, même si une morsure par mandibules est toujours possible, mais sans effet toxique).

JPEG - 121.5 ko
Frelon asiatique (vespa velutina)

 Et puis, il y a le cas du frelon asiatique ( vespa velutina) ! Il est un peu plus petit que le frelon commun, et surtout il est bien plus foncé (une seule bande plus claire à l’abdomen ) Cette espèce était inconnue en Europe les siècles passés, et elle a débarqué en 2004 dans le Sud-Ouest de la France, via un arrivage de poteries chinoises qui renfermaient de jeunes reines qui s’y étaient cachées pour hiberner. Et l’espèce a proliféré rapidement dans une bonne partie de l’Hexagone ; dans le Morbihan, on est passé de 5 nids en 2011 à près de 400 en 2014. Le problème provient du fait que l’espèce ne s’attaque pas beaucoup aux diptères (mouches et apparentés) comme le frelon commun, mais plutôt aux hyménoptères, et notamment aux abeilles domestiques, pouvant même entraîner la disparition complète d’une colonie, même si celle-ci est installée dans des ruches d’apiculteurs. Chez cette espèce, le nid est encore plus gros que celui du frelon habituel, et en général construit au sommet de grands arbres ; il est alors invisible avant la chute des feuilles, et à cette époque, les nouvelles reines sont déjà sorties du nid ! A l’heure actuelle, le seul moyen efficace est le piégeage et la destruction des nids, du printemps à l’automne mais c’est une affaire de spécialistes, car l’espèce semble plus agressive et largement aussi venimeuse que le frelon européen.

Enfin, il y a quelques sosies plus ou moins maladroits pour notre brave frelon, mais aucun d’entre eux ne présente de danger pour l’homme ; d’ailleurs, dans les trois cas présentés ici, il ne s’agit pas d’hyménoptères (2 paires d’ailes), mais de diptères (1 seule paire d’ailes).

JPEG - 41.5 ko
volucelle zonée (volucelle zonaria)

La volucelle frelon , ou volucelle zonée, est en fait un syrphidé ( voir article de juillet 2013 dans la même rubrique) ; elle se nourrit de nectar sur les ombellifères de fin de saison ( angéliques notamment )

JPEG - 38 ko
L’asile frelon (asilus crabroniformis)

L’asile frelon, comme les autres asilidés, est un prédateur d’insectes qu’il capture en vol ; il s’observe en fin d’été dans les milieux secs ( landes notamment )

JPEG - 70.6 ko
milesie faux frelon (milesia crabronoformis)

La milésie faux frelon est aussi un butineur sur ombellifères, plutôt en milieu humide ;les larves se développent dans le bois en décomposition des arbres creux l’espèce est peu observée dans la région

JPEG - 74.7 ko
Frelons morts avant l’hiver

Le frelon européen est donc une espèce importante dans l’environnement, une sorte de super-prédateur qui contrôle efficacement les populations d’insectes qui prolifèrent sur son territoire ; il est également actif la nuit, pouvant alors détruire des insectes nocturnes, eux-mêmes ennemis des abeilles domestiques. Contrairement au frelon asiatique, il peut donc se révéler comme un aide précieux aux apiculteurs : c’est d’ailleurs une espèce protégée en Allemagne, car de plus en plus rare en Europe (de l’Est notamment). Il est possible de construire des nichoirs à frelons : voir à cet effet les plans proposés, par la revue « La Hulotte » dans le numéro 95. Voir aussi le très bon article « N’ayons plus peur des frelons » sur le site www.vespa-crabro.com

Pour terminer, un petit quizz par vrai ou faux (réponses dans l’article d’octobre)
1. Le frelon commun injecte moins de venin que l’abeille au moment de la piqûre.
 Vrai - Faux

2.Un ou plusieurs frelons peuvent attaquer un intrus si celui-ci s’approche du nid dans un rayon de 50 m.
Vrai - Faux

3.Une réaction allergique peut se produire dès la première piqûre (abeilles, frelons, etc…).
Vrai - Faux

4.Le frelon commun et le frelon asiatique sont en fait des variantes d’une même espèce (c’est comparable aux races de chiens ou de chats) .
Vrai - Faux

5.En général, une colonie de frelons communs contient moins de 800 individus.
Vrai - Faux

6.Une reine de frelon commun ne peut survivre à deux hivers consécutifs.
Vrai - Faux

Yves THORON


Accueil | Contact | Plan du site

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Les infos de la biodiversité  Suivre la vie du site Les 12 mois de la biodiversité   ?

Creative Commons License