LPO Morbihan

Le Pic noir

vendredi 3 août 2012

Le Pic noir

Dryocopus martius, ce nom barbare fait allusion aux armées du dieu Mars, lesquelles faisaient tellement de bruit en frappant leurs boucliers avec leurs épées que l’ennemi, dit-on, prenait la fuite ! Et c’est vrai que le tambourinage du pic noir s’entend de loin : on estime qu’il porte à plus d’un kilomètre de distance.
Voilà un oiseau qui a étendu son aire de répartition à une vitesse fulgurante : il y a 50 ans, il n’était recensé que dans un quart Est de la France, en 1980, il occupait une large moitié du pays et 20 ans plus tard, il avait conquis tout l’Ouest.
Photo 1C’est le plus gros des pics d’Europe, avec des mensurations comparables à celle d’une petite corneille, mais il s’en distingue par son bec surpuissant et sa calotte rouge, particulièrement voyante chez le mâle (photo 1).
Un individu peut vadrouiller sur un territoire d’environ 500 à 1000 ha à la recherche de ses proies favorites : fourmis et insectes (ou leurs larves) du bois mort, qu’il capture avec une langue démesurée et munie de harpons gluants à son extrémité…
Assez discret en hiver, le pic noir devient de plus en plus bruyant au fur et à mesure qu’approche la période de reproduction. Une fois constitué, le couple Photo 2 se met à creuser (ou réparer) un trou dans un arbre (hêtre de préférence) pouvant atteindre 60 cm de profondeur ; l’ouverture est ovale et souvent située assez haut dans un arbre, lui-même planté en bordure d’un bois ou d’une allée dans un parc ; ce travail dure de 1 à 2 semaines et l’éjection des copeaux (photo 2) est particulièrement spectaculaire ! Ensuite notre couple se fait très discret pendant l’incubation, étonnamment courte, et on ne reverra les protagonistes que pour le nourrissage des jeunes
 ; quelques semaines après l’envol, chacun retrouvera son indépendance jusqu’au printemps suivant où de nouveaux couples se formeront et chacun Photo 3d’entre eux partira à la recherche de l’arbre idéal, pourquoi pas celui déjà percé une année précédente, à condition toutefois que la place ne soit pas occupée car les squatters sont nombreux : pigeon colombin (photo 3) chouette hulotte, sitelle (qui réduit le trou avec de la boue) sans parler des martres, ou encore abeilles ou frelons qui n’en demandaient pas tant !

Yves THORON

Caractéristiques

  • Longueur : 45 cm environ
  • Envergure : 65 cm environ
  • Poids : 300 à 350 g
  • Bec : 6 cm de long et 2 cm de large
  • Tambourinage : 10 à 20 coups par seconde
  • Incubation : 12 à 14 jours
  • OEufs : 3 à 5
  • Envol : à peine 1 mois après éclosion
  • Longévité : 10 ans environ
  • Détache des copeaux de bois de 10 à 20 cm de long

Accueil | Contact | Plan du site

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Les oiseaux   ?

Creative Commons License